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Énergies alternatives – Tout sur le Pagose

Pilule anti-delestage initiée en en 2015, le projet Pagose ou Projet d’amélioration de la gouvernance et du secteur électrique a pour objectif d’arriver à la la rénovation des infrastructures et de la machine de la Jirama, il y a aussi la mise en place d’un stock de gasoil nécessaire pour assurer la continuité de production de l’électricité dans les centrales de la Jirama. Le projet exige la mise en place d’une politique nationale de l’énergie ainsi qu’une bonne gouvernance dans le secteur.
À l’époque du lancement de ce projet, le Le Ministre de L’Énergie et des Hydrocarbures, feu Rodolphe Ramanantsoa recevait Coralie Gevers le représentant résident de la Banque Mondiale à Ampandrianomby pour discuter pour discuter de ces axes d’amélioration. Tablant sur une enveloppe de la somme de soixante cinq millions de dollars octroyée par la Banque mondiale au gouvernement malgache pour renforcer la gestion et la gouvernance de ce secteur à Madagascar, les deux parties se sont alors mis d’accord sur cet appui financier visant à améliorer la performance opérationnelle de la société d’État Jirama.

perspectives
En effet, afin de pallier la contreperformance, de nombreux défis sont à relever comme l’accélération du développement de la production électrique. « la Jirama est un pilier du secteur de l’électricité à Madagascar, ce qui implique que sa bonne gestion est primordiale » a souligné le ministre à l’époque en avançant que par ce financement de la Banque Mondiale, il serait alors possible d’élaborer une stratégie de développement à moindre coût de l’énergie qui permettrait d’identifier les opportunités d’investissement, que ce soit au niveau des énergies renouvelables, du solaire, de l’hydroélectrique, dans le pays pour essayer d’augmenter l’accès à l’énergie, en couvrant le territoire national car ses zones prioritaire touchent presque toutes les régions de la Grande Ile. Par ailleurs, ce volet renforcement incluait également les audits des contrats existants et des protocoles d’accord signés. Pour améliorer la performance opérationnelle et de la gestion de la Jirama, un Plan d’Amélioration de la Gestion (PAG) de l’entreprise a été mis en place. La mise en œuvre de ce PAG a requis des investissements notoires notamment pour financer des investissements d’urgence, tels que la réhabilitation et la remise à niveau d’infrastructures de transport et de distribution, et l’accroissement de la production à travers le financement de la réhabilitation de centrales thermiques au fuel oil (HFO) existantes ainsi que l’installation de nouvelles HFO.

Équipements
À présent, malgré de fréquente rechute en termes de délestage, le projet avance tant bien que mal. A l’image des divers équipements de distribution réceptionnée par la Jirama au mois d’avril de cette année à Andrononobe. Des équipements destiné à renforcer et renouveler le réseau de distribution électrique à l’instar de câbles électriques, des appareils de branchements électriques (disjoncteurs, compteurs mono et triphasé), 400 transformateurs électriques ainsi que 13.000 poteaux en béton et en bois. Jusque-là, les problèmes techniques et des coupures dans l’ensemble du réseau interconnecté d’Antananarivo restent fréquents. À l’image du récent avertissement adressé par les opérateurs pétrolier à l’endroit de la société nationale d’électricité pour non paiement d’une partie de leur facture. En somme, les appareils de branchement électrique devraient permettre de réaliser d’ici le mois de juillet les branchements en souffrance, depuis des années. Aussi, l’installation des transformateurs devrait être achevée au mois de mai.
« L’acquisition de ces équipements permettront ainsi de réduire les coupures et de favoriser une bonne qualité de service, et d’autre part, de satisfaire le grand public. Ces nouveaux matériels permettront ainsi d’améliorer la gouvernance dans la fourniture et la distribution d’électricité de la Jirama », a annoncé pour sa part Lantoniaina Rasoloelison, ministre de l’Eau, de l’énergie et des hydrocarbures. Par ailleurs, dans la perspective de transition énergétique, le ministre a parlé de projet d’hybridation pour 45 villes dans le territoire, entre autre Ambatondrazaka, Ihosy ,Ambovombe, Amboasary, Maintirano, Ampanefena, Manja, Ankazoabo, Miandrivazo, Mahabo ou encore Antalaha.
Dernièrement, une rallonge de financement a aussi été prévue pour renforcer le projet d’amélioration. Ainsi, la ratification de l’accord de prêt a été autorisée en conseil des ministres relatif au financement du Projet d’amélioration de la gestion des opérations du Secteur de l’électricité (Pagose)-Financement Additionnel, conclu le 5 octobre 2018 entre la république de Madagascar et l’Association Internationale de Développement (IDA). Ce projet concerne un crédit de 40 millions de dollars offert par l’IDA dans le but d’améliorer le secteur d’électricité à Madagascar, et en termes de gouvernance et de fonctionnement. L’appui additionnel financera la modernisation du centre de dispatching et le système d’automatisation du réseau de la Jirama. Selon les explications du directeur général Jaomiary Olivier, la réhabilitation de 250 km de ligne est prévue dans ce projet. En effet, le projet
initial, approuvé par le Conseil d’administration de la Banque mondiale, le
23 mars 2016, prévoyait effectivement un financement par crédit Ida, pour atteindre l’Objectif de développement du projet (ODP). La performance opérationnelle de la Jirama est à améliorer ainsi que la fiabilité de l’approvisionnement en électricité dans la zone concernée par le projet. L’objectif est de fournir une réponse immédiate et efficace en cas
de crise ou d’urgence
admissible.
Cependant, le projet aura été quelque peu menacé par les divergences politique dans la mesure où Les amendements apportés par les députés sur la loi de finances 2019 ont provoqué des émules un peu partout dans la sphère de l’énergie. Dans le milieu économique, l’on s’interroge sur les possibles impacts négatifs de cette initiative des députés d’avoir touché à la subvention de la Jirama. On rappelle que, pour combler le gap provoqué par leur demande d’augmenter le financement du CLD et le budget de fonctionnement de l’Assemblée Nationale, les députés ont proposé de réduire de 50 milliards Ar
la subvention de 255 milliards Ar fixés dans le projet de loi de finances initiales. Visiblement, les députés n’ont pas mesuré les possibles conséquences néfastes d’une telle initiative.  Notamment, au niveau de nos relations avec les bailleurs de fonds, spécialement la Banque Mondiale qui finance le Projet d’Appui à la Gouvernance du Secteur de l’Électricité. L’on apprend d’ailleurs que, la Banque Mondiale suivrait de près la suite de ce rapt émanant des députés.

Menace politique
À rappeler que le Pagose comporte cinq composantes. Dans un premier temps, il est question d’améliorer la planification du secteur de l’électricité et la viabilité financière, en soutenant les investissements optimaux (au moindre coût), nécessaires pour développer le secteur énergétique à Madagascar. Aussi, il cherche à renforcer les capacités des agences gouvernementales responsables en la matière. La deuxième composante vise à renforcer la performance opérationnelle et la gouvernance de la Jirama, à travers la mise en œuvre effective d’un Plan d’amélioration des performances (Pap) pour l’entreprise. Dans ce plan figurent effectivement la restructuration organisationnelle et la sélection d’une nouvelle équipe de direction, par voie de concours, l’intégration des Systèmes d’information de gestion (Sig ) pour améliorer l’efficacité, la transparence dans les opérations et la mise en œuvre d’un programme de protection des revenus ciblant les grands clients. La composante 3 concerne le financement des investissements prioritaires pour réhabiliter, renforcer et améliorer les infrastructures existantes de transport et de distribution d’électricité. La compo-
sante 4, quant à elle, soutient la gestion de projet et la composante 5 fait référence à une éventuelle intervention d’urgence.

Par Harilalaina Rakotobe