L'interview

Michel Ralibera : « La radio Antsiva, un écho du pluralisme d’idées »

Qu’est qui distingue la radio Antsiva au cours de ces vingt-cinq années d’existence ?

La radio Antsiva reste fidèle et sa ligne éditoriale ne change pas jusqu’à ce jour, c’est-à-dire « le peuple demeure maitre des décisions ». Après, chacun voit un angle selon sa position. S’il fait partie du régime et que la radio divulgue la vérité qui pourrait le déranger, il nous persécute. S’il se trouve en dehors du pouvoir, il nous félicite et nous dit que nous faisons bien notre travail. Nous avons également véhiculé pendant quelques années la refondation qui vise à redonner de la valeur à l’Homme et de la notoriété au « fokonolona ».

Comment les politiciens voient-ils votre station ?

Une radio qui les agace, qui les importune car nous anticipons tout. Nous ne sommes pas devins mais nous présageons certaines choses à l’avance et si tel est le cas, nous touchons moins d’auditeurs. Nous avons expérimenté les régimes de l’Amiral Didier Ratsiraka, de Norbert Lala Ratsirahonana, du Pr Zafy Albert, de Marc Ravalomanana, d’Andry Rajoelina, de Hery Rajaonarimampianina et nous ressentons une grande pression en raison de la géopolitique alors que la radio met en valeur la vérité. Voilà pourquoi, la radio Antsiva privilégie le pluralisme d’idées, donnant la parole à tout le monde et surtout aux patriotes.

Quel est alors votre rôle pour qu’il n’y ait pas de parti pris ?

La radio Antsiva a changé de main deux fois mais elle a prouvé qu’elle ne s’est jamais rangée du côté de qui que ce soit. Durant les crises et les troubles, elle se trouvait derrière le peuple. Quand la situation revient à la normale, Antsiva reprend son rôle de journaliste en tant que rempart et de contre-pouvoir qui fait que si une personne ayant conduit une lutte arrive au pouvoir et qu’elle dérive, nous émettons les critiques.

Pouvez-vous citer un exemple ?

En 2002, le monopole et l’injustice ont régné. Ils ont conduit au soulèvement populaire. L’année suivante, les dirigeants ont repris les mauvaises habitudes et nous avons aussi renoué avec notre mission malgré l’imposante censure de l’époque. Nous avançons toujours avec les critiques, les conseils, les recommandations et les solutions. Nous percevons que la Communauté internationale contrôle les dirigeants et il importe de corriger l’état d’esprit négatif en cas de déviance.

D’après vous, est-ce que les dirigeants vous écoutent ?

Certainement. Les républiques se sont succédé mais chaque dirigeant a hérité du mauvais système. Les dirigeants ont échoué car ils n’ont pas adhéré à la refondation, ce qui handicape leur structure. Ils nous écoutent. Nous avons entendu qu’ils ne ratent pas l’émission « Ny marina » d’Ismaël Razafinarivo. Lorsque nous avons diffusé des informations nuisant à leur image, ils nous appellent ou viennent directement dans notre studio pour se justifier. Le problème ? Ils ne nient pas nos informations mais ils sont tellement liés aux ordres de la Communauté internationale et oublient le réel développement du pays. Les gens hors du régime n’hésitent pas à frapper à notre porte. S’ils appartiennent au pouvoir, ils exploitent les stations qui prêchent « la voix de son maître » pour nous transmettre leur message.

Comment qualifiez-vous la radio Antsiva ?

Une radio de référence et un leader d’opinions car elle se démarque par la manière avec laquelle conduit les discussions politiques, les appels téléphoniques. De plus, nous ne discriminons personne. Nous souhaitons qu’elle devienne une véritable
institution. Antsiva n’a jamais eu de démêlé avec la justice car elle respecte l’éthique et la déontologie du métier. Il s’agit d’un
sacerdoce et nous en sommes jaloux. Nous sommes une niche d’informations et disposons de riches informations. Cependant, certains médias les reprennent pour alimenter leurs titres du lendemain sans citer la source. Lorsque les nouvelles présentent des risques, ils
disent que la radio Antsiva en est à l’origine. Or, de notre côté, nous citons les sources même s’il s’agit d’un petit titre car nous
relevons les points saillants. Nous ne sommes le concurrent de personne.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

Une diffusion qui a valu la fermeture d’une des sociétés de notre Président directeur général. Il en a été victime et cela a eu un impact sur la vie de plusieurs employés. Aujourd’hui, je lui témoigne ma reconnaissance car la radio fonctionne toujours.

Les prochaines perspectives ?

Notre slogan indique « Jereo ny lasa, atreho ny anio, tarafo ny ho avy ». Nous comptons asseoir notre notoriété en tant que quatrième pouvoir en tant que journaliste. Antsiva ne sera jamais un outil de prise de pouvoir mais un outil de développement qui prône la vérité, la
justice en faveur du
peuple. Madagascar s’enfonce dans l’extrême pauvreté et la refondation constitue l’unique solution acceptée par tous et la voie pour l’émergence de Madagascar. 

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