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Instruments de musique traditionnels – Avec une touche de modernité

Les instruments de musique traditionnels constituent l’identité culturelle d’un pays. Madagascar en possède un bon nombre. Les artisans rivalisent d’idées pour les mettre au goût du jour et arrivent à surprendre.

R emby, Tony Zà, Tiana Rainitelo, Zamba, Monja Manitsindava, Ragasy, André Rakotorahalahy, Sarandra Beloba, Rapasy, Ratovo et Daniel Marovangy brillent sur la scène artistique non seulement par leurs compositions qui mettent en évidence les rythmes traditionnels de leur région d’origine, mais aussi par les instruments traditionnels qu’ils fabriquent eux-mêmes. Flûtes, kabôsy, valiha, tambours, percussions, et autres instruments présentent de nouveaux aspects, dans la forme pour certains, et dans leur fonctionnalité pour d’autres. Les faiseurs de musique rivalisent d’idées pour rendre ces instruments à forte valeur traditionnelle, au goût du jour. À chacun sa spécialité pour se démarquer des autres. Certains ajoutent une touche de modernité, d’autres utilisent des matériaux de récupération. Leurs points communs se trouvent dans la bonne qualité des sons qu’ils produisent, étant donné que les artisans qui les fabriquent sont tous des musiciens expérimentés. « Ces trois flûtes combinées en une présentent un côté pratique. Souvent avant de se produire sur scène, les musiciens égarent leurs instruments lors de la précipitation dans les coulisses. Elles produisent les différentes tonalités qu’il faut », explique Solo Andry Razafindrabe de Remby. « Ce xylophone tout en palissandre a été composé de plusieurs pièces de bois d’ âges différents. Les plus vieux produisent des sons plus clairs », démontre Gaston Rakotoniaina, le chef de Ragasy Band.

TONY ZA AU CGM

Le Cercle Germano-Malagasy ou CGM à Analakely met sous le feu des projecteurs le talent de Tony Za. Depuis le 2 jusqu’au 7 septembre, les instruments de musique traditionnels fabriqués par ce talentueux artisan sont à apprécier dans la grande salle du Cgm. Une quinzaine de modèles basés principalement sur du kabôsy compose cette exposition. Plusieurs modèles de différentes formes renferment d’autres options particulières apportées par le génie créatif de Tony Za. « Ce kabôsy peut remplacer une guitare solo mais avec quatre cordes et arrive à jouer des accords majeur, medium, et mineur. Il arrive à créer des petites percussions. Mes modèles sont les fruits de mes recherches. Étant un musicien autodidacte et créant mes premiers instruments avec les moyens du bord, je ne cesse d’apporter des améliorations à mon travail. Je vis de la musique », argumente-t-il en offrant une petite démonstration.

Tony Za rêve d’exposer en province et faire connaître ses créations aussi loin que possible. « J’ai conçu un modèle spécial pour le chanteur Erick Manana. Je peux créer un kabôsy sur-mesure », précise-t-il.

Bôtsikirondra

Tony Za a créé un groupe qui porte son nom. Il compose des titres tout en s’inspirant de sa région natale, Vangaindrano. Le concert gratuit du samedi 7 septembre à 15 heures au CGM va permettre de voir à quel point ses instruments sont fascinants. Ce sera aussi une occasion pour lui de faire connaître le « Bôtsikirondra », un autre rythme du Sud-Est, entre le « batrelaka » et le « malesa ». « Au clair de lune, les jeunes du village créent une certaine ambiance dehors. L’intensité de l’atmosphère détruisait à chaque fois la plantation de patates douces se trouvant aux alentours. D’où cette appellation Bôtsikirondra qui définit ce dégât dans le dialecte de notre région », racontet-il.