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L’eau des zones arides

Quand on foule le sol de Tolagnaro, la verdure vous accueille. Elle vous donne l’impression qu’un havre de paix vous attend quelque part. Si vous circulez dans la ville, cette notion de refuge de rêve se confirme. Une fois que vous quittez le chef-lieu de la région Anosy et que vous commencez à vous diriger vers le Sud, le décor vert disparaît petit à petit : une piste poussiéreuse prend le relais de la route bitumée, des villages ne s’aperçoivent qu’après un tronçon d’environ 50 kilomètres.
Lorsque les allées de cactus se découvrent, vous pénétrez le district d’Amboasary. Les habitants des villages lointains de cette juridiction, pour la plupart, souffrent du manque d’eau. Pour eux, l’eau au goût désagréable est toujours potable. Ils ne se donnent même pas la peine de la bouillir avant de la consommer. Des pères et mères de famille, des jeunes filles se déplacent loin de leurs habitations pour trouver cette eau saumâtre des forages incertains qui leur coûte 300 ariary le bidon de 20 litres.
Or, une famille utilise entre cinq et sept bidons par jour pour la cuisine, la douche, la lessive et l’agriculture.
Dans le district d’Ambovombe, le problème devient de plus en plus sérieux. Les familles achètent de l’eau à 3 000 ariary le bidon. Elles déboursent en moyenne 12 000 ariary par jour, un frais pour l’approvisionnement et le transport en charrette.
Dans cette partie Sud de la Grande île, l’eau considérée comme une denrée rare ne s’offre pas gratuitement. À Amboasary Atsimo, des points d’eau s’installent grâce à un projet de lutte contre la sécheresse. Dans des villages, il est impossible d’obtenir de l’eau en profondeur en raison des roches qui envahissent les puits. Les forages se creusent ainsi en retrait. Des groupements de villageois se créent et conçoivent leur règlement interne afin de gérer l’eau durablement.

Farah Raharijaona