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Eusèbe Jaojoby for ever

Eusèbe Jaojoby, le roi du saleg indétrônable de son règne et inépuisable au niveau de son endurance. À 63 ans, il est toujours opérationnel et compétitif

« Happy birthday the king of salegy ! «Joyeux anniversaire, longue vie et plein succès, Eusèbe Jaojoby ! À 63 ans depuis le 29 juillet, cet aîné d’une fratrie de treize enfants, né dans le village d’Amboahangibe, localisé dans le district de Sambava, est un ancien membre de la chorale catholique. Sans aucun complexe et bien motivé, il s’est distingué durant son adolescence par sa voix puissante qui a eu de grands échos chaque dimanche à l’église, où son oncle joue aussi sur l’harmonium. À partir de là jusqu’à aujourd’hui, de Sambava à Antananarivo en passant par Antsiranana, cette grande figure emblématique de la chanson malgache continue de rester parmi les têtes de peloton et de prouver sa notoriété, tant sur le plan national qu’à l’échelle internationale. Comptant quarante six ans de micro, sa réputation a largement dépassé les frontières pour s’élargir et se répandre un peu plus aux quatre coins de la planète. Eusèbe (Tsaiky joby, Pilovera mena, Alima, Ledama, etc.) poursuit son envol et ne compte pas, pour l’instant, de raccrocher ou de tourner le dos à la scène. Sa célébrité et sa renommée sont même parvenues à s’élargir et s’étendre sur les cinq continents où il s’est produit avec succès tout au long de son riche et brillant parcours. Père de famille exemplaire, ses dignes héritiers (Vavy Roseliane, Anderson, Jackson, Eusébia Fatoma, Elie Lucas, Mboty Charline ou Cha Cha) lui emboîtent le pas à leur tour. Eusèbe, riche et fier de son expérience et avec le soutien et les conseils précieux de son épouse Claudine, a éduqué sa petite famille à s’intéresser à la chanson, la musique et la danse. Son choix et sa décision ont rapidement porté leurs fruits. Les efforts réalisés ont été récompensés et justifiés. À preuve, ses futurs héritiers ont créé le groupe Jaojoby Juniors, avec un effectif à base des frères et sœurs complétés par d’autres musiciens. À cela s’ajoutent la formation Taly Tsara gérée par les deux sœurs, Vavy Roseliane et Eusébia Fatoma, le groupe traditionnel et folklorique Saramba, fondé et géré par son épouse, et enfin Jao’s Band avec les trois frères Anderson, Jackson et Elie Lucas, et leur sœur cadette Mboty Charline ou Cha Cha. À signaler aussi la carrière solo d’Anderson, de Vavy Roseliane et d’Eusébia Fatoma. Chez les Jaojoby, la musique, la chanson et la danse sont une véritable affaire de famille.

Résistant
En toute sincérité, il affirme être un résistant. « La mondialisation et l’évolution technologique sont incontournables de nos jours. Elles apportent une forte affluence dans le domaine audiovisuel et favorise le développement culturel et surtout musical. Certes, la musique urbaine est fortement en avance, mais je me qualifie de résistant pour valoriser davantage la musique purement malgache, à travers son originalité face aux nouveaux genres tels le gweta, le hip hop, le dombolo, le malesa, l’antosy, le bawoejy, le tsapiky, le kilalaky, le maganja… » Comparé au roi des animaux, son signe Lion est révélateur et justifie son énergie inépuisable, sa force démesurée, sa puissance inégalée et son endurance illimitée. Eusèbe, une fois sur scène, est une véritable bête qui brise ses chaînes pour retrouver sa liberté à cent à l’heure et divertir au maximum son public. Toujours compétitif et opérationnel, il est loin de perdre du terrain, et sa présence reste une référence à part entière. Après les multiples participations aux concours de chants, depuis Sambava et à
Antsiranana auxquels il a été souvent lauréat, il s’est également lancé dans les animations. Les noctambules de la capitale du Nord ont découvert son grand talent au sein des orchestres Los Matadores au Saïgonnais, puis avec les Turcs et Les Players au Keng Weng. Le bac en poche, Eusèbe rejoint Antananarivo pour poursuivre ses études supérieures. Il choisit comme filière la sociologie, mais une formation en journalisme en Allemagne l’a finalement débarqué à la Radio nationale à Anosy, puis à Antsiranana. Malheureusement, la musique triomphe sur le journalisme et il y reste jusqu’à nos jours. Au Papillon Bar au Hilton avec Apokalipsy, avec Harly Rajaobelina en 1981, et avec Stars de Datita Rabeson en 1982, cet artiste accompli compte sept albums audio à son actif, quelques disques 45 tours chez Discomad et des compilations de disques 33 tours à l’échelle internationale et il est toujours en pole position.

Textes par Jean Paul Lucien