#2 Actualites

Organisation des scrutins – Un aCENIssement s’impose

Thierry Rakotonarivo dans de sales draps.

Des défaillances techniques dans les préparatifs des élections aux déclarations insidieuses et scandaleuses, la CENI a perdu l’once de crédibilité qui lui restait

Un oubli de taille. Dans sa confession déstabilisatrice, le vice-président de la CENI, Thierry Rakotonarivo adepte des palabres et des interventions médiatiques, n’a pas précisé que les numéros identiques des cartes d’identité nationale ont été décelés dans les registres électoraux et non pas entre les mains des citoyens. Sinon il a pu les démontrer sur les un million cinq cent mille cas avérés selon ses dires. Accusé  d’atteinte à la sûreté de l’État par les tenants actuels du pouvoir, il a effectué une pirouette des plus subtiles. En insistant que de tels doublons n’ont pas eu des conséquences sur les résultats de la présidentielle et des législatives.

Autoproclamé

Car des opposants, en perte de vitesse et en panne d’inspiration ont sauté sur l’occasion pour revendiquer l’annulation de ces élections sous l’égide de la CENI. Une mauvaise foi manifeste de la part de Marc Ravalomanana et sa bande. En 2001, le candidat de Tiako Madagasikara, TIM, s’est arrogé la victoire au premier tour de la présidentielle, alors que les décomptes des voix n’ont pas dépassé les 80 % de l’ensemble. Il s’est autoproclamé président de la République le vendredi 22 février 2002.

Un acte blasphématoire vis-à-vis des valeurs républicaines et anticonstitutionnelles ayant plongé le pays dans une crise politique inextricable. S’estimant être dans ses droits de Chef de l’État en exercice, avec l’ aide de quelques milices armées, les Zatovo, Didier Ratsiraka a mis en place des barrages sur les routes nationales, afin de punir les Merina de leur soutien inconditionnel à Marc Ravalomanana.

La balkanisation du pays a été évitée de justesse quand les troupes de Marc Ravalomanana, les Zanadambo, des marsouins réservistes, ont pris le dessus sur les positions des hommes de Didier Ratsiraka. Il a prêté serment une seconde fois le vendredi 6 mai 2002. Ce qui a souillé davantage les fonctions présidentielles qu’il a foulées aux pieds. En 2006, il a encore remporté la mise dès le premier tour après une incroyable coupure de courant à la Coupole du ministère de l’Intérieur, un endroit parmi les plus sécurisés du pays où la collecte des résultats de la présidentielle a été traitée avec minutie. Au retour de la lumière, Marc Ravalomanana, comme par enchantement a engrangé pas moins de 800 000 voix, suffisantes pour entamer un second mandat à la tête du pays. Un tel personnage peut-il aujourd’hui remettre en cause des élections qu’il a perdues ? Ce rappel du passé ne dédouane par pour autant la CENI.

Forces politiques

Les « 73 députés pour le changement » ont émis des doutes sur la neutralité de certains membres de la CENI. Thierry Rakotonarivo lui-même, à l’origine des remous actuels, a été le bras droit d’Olivier Mahafaly en étant secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation. Tout comme Philibert 
Randriamananstoa. Tous les trois ont « assuré » la victoire du HVM aux communales et municipales qui leur a offert la majorité au Sénat, par le vote « sous surveillance » des grands électeurs. Pour beaucoup, la CENI dans ses composantes actuelles, mise en place par le HVM, ne reflète plus le rapport des forces politique qui prévaut. Le ministre de la Jeunesse et des sports, Roberto Tinoka, a de forts soupçons que Thierry Rakotonarivo serait de mèche avec des gros pontes de l’opposition, scellée par l’alliance du TIM avec le HVM. Il va tout déballer le moment venu, a-t-il lancé à la sortie de la cérémonie d’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale.

Le candidat numéro 13 Andry Rajoelina, entre les deux tours de la présidentielle de novembre-décembre 2018, a lui aussi, avec des chiffres détaillés, mis en évidence des incohérences dans les résultats publiés par la CENI. Il avait souhaité un audit du logiciel utilisé par la CENI. Il avait tout fait raison. Comment ce support de la nouvelle technologie ne pouvait-il pas déceler tant d’anomalies ? Bien trop nombreuses pour être de simples coïncidences.

Les éléctions ne sont pas remises en cause
 

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