Editorial Opinions

Mars à l’ombre

Déjà le dernier mois du premier trimestre. Et il commence sous de mauvais auspices. Par les vraies-fausses révélations, douteuses de surcroit, de Thierry Rakotonarivo, vice-président de la Commission électorale nationale indépendante, CENI. Selon lesquelles plus d’un million cinq cent mille citoyens ont les mêmes numéros de carte d’identité nationale et pas moins de cinq cent vingt mille doublons ont été décelés dans les listes électorales. Pour ces clones à grande échelle, il n’a pas pu apporter la moindre preuve matérielle. Il tenait ces « informations confidentielles » en épluchant les listes électorales de la CENI, bourrées d’irrégularités.

Ce qui est tout à fait logique avec des transcriptions des plus aléatoires des listes-mères venues des fokontany, dépourvus d’outils informatiques dans la plupart des cas.

Avant la présidentielle de 2018, le Premier ministre de l’époque, Olivier Mahafaly, patron de Thierry Rakotonarivo- il a été le secrétaire général du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation- a lancé « l’opération carte d’identité nationale ». Les opposants au régime HVM ont plutôt évoqué des manœuvres visant à intégrer de « nouveaux électeurs » par cette manigance, afin de gonfler le rang des militants au profit du HVM.

Dès sa nomination à la tête du gouvernement, dans le quiproquo le plus total, sans la démission de son prédécesseur, le général Jean Ravelonarivo, des analystes politiques ont tout de suite déduit qu’Olivier Mahafaly allait préparer le second mandat de Hery Rajaonarimampianina. Administrateur civil « émérite », il a déjà « fait ses preuves » lors des communales et municipales où le HVM a raflé la mise. Pour s’adjuger la majorité absolue au Sénat par le vote des grands électeurs. La Chambre haute du Parlement est devenue aujourd’hui un refuge pour Rivo Rakotovao et consorts.

Dans la foulée, le HVM a placé ses hommes au sein de la CENI et de la Haute cour constitutionnelle, HCC. Jusque-là, tout s’est déroulé à merveille. Mais le 21 avril 2018, quand le mouvement des « 73 députés pour le changement », parti pour dénoncer la corruption des députés pro-HVM lors de l’adoption du projet de loi électorale, a été « autorisé » par les forces de l’ordre à squatter le Parvis de l’Hôtel de ville, le glas sonnait pour Hery Rajaonarimampianina.

Pour la seconde fois, il a été poursuivi à la HCC par des députés pour les mêmes motifs. Violations flagrantes de la Constitution. Une motion de requête en déchéance, respectant les conditions requises, a été déposée.

Le meeting au quotidien sur le Parvis continuait sans relâche pour faire pression sur les juges constitutionnels. Cette fois-ci, ils n’ont plus recours au « Pacte de responsabilité » de juin 2015. Mais ont encore sauvé la tête de Hery Rajaonarimampianina. En exigeant le départ d’Olivier Mahafaly et la formation d’un gouvernement de consensus. Le Premier ministre devait être proposé par la majorité issue des législatives de décembre 2013. Tout revenait de droit au Mapar. Selon le fameux article 54 de la Constitution.

Andry Rajoelina a jeté son dévolu sur Christian Ntsay, dont le profil, un côtier habitué à la gestion administrative, doublé d’une longue expérience au sein d’un organisme international, a répondu aux dernières volontés de Hery Rajaonarimampianina. L’espoir du HVM de remporter la présidentielle mis sur les épaules d’Olivier Mahafaly s’est évanoui.

Les « 73 députés pour le changement » ont revendiqué la refonte de la composition des membres de la CENI et de la HCC. Le candidat à la présidentielle Andry Rajoelina a suggéré l’audit du logiciel de la CENI à cause des incohérences dans les décomptes des voix. Ce petit survol en arrière permet de désigner les coupables. Suivez mon regard. 

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