#3 Rencontre

Journée mondiale de la femme, 8 Mars – Femmes actuelles

Aujourd’hui, la femme se veut active. En plus d’être épouse, mère, sœur, ou fille, elle porte une autre casquette, celle d’une entrepreneure qui veut tout simplement changer la vie.

Marie-Laure Jaomatana, une 
styliste qui voit grand

La griffe Jaomatana s’imposait dans le cercle très fermé de la scène de la mode internationale en créant des modèles fortement inspirés de la culture malgache. Les projets de Marie-Laure Jaomatana concernent essentiellement les femmes. Une de ses collections à base de lambahoany est produite dans un atelier de couture de l’association  Sembana Mijoro qui regroupe des femmes à mobilité réduite. « L’objectif consiste à leur donner la chance d’avoir un métier pour qu’elles puissent être indépendantes financièrement, dans un premier temps. Nous allons créer un centre de formation afin d’élargir leurs compétences en matière de couture. 
L’ atelier se trouve à Analamahitsy et le siège de l’association se situe à Ambohibao. C’est une association qui existe depuis quinze ans, un projet mené par Fela, une femme qui partage la même vision que moi », explique la styliste qui décide actuellement de rester définitivement à Madagascar, après trente ans passés à l’extérieur. « Tout est à faire chez nous. Et je veux contribuer au développement de mon pays, à mon niveau », ajoute-t-elle.

Podiums

Marie-Laure Jaomatana projette d’organiser à Antananarivo la première édition de Madagascar Fashion Week en décembre. Une plateforme dédiée aux créateurs malgaches et qui offrira trois grands podiums différents fonctionnant simultanément pendant cinq jours.
Elle travaille actuellement sur «Mahanoro », sa prochaine collection dont le déclic s’est fait sur une plage de Taolagnaro qui porte le même nom. Elle présentera pour la première fois des modèles pour homme. « Mahanoro », signifiant rendre beau et heureux, sera dévoilé au grand public au CCI à Ivato dans six semaines. Sur le sujet de la violence basée sur le genre, Marie-Laure Jaomatana conseille aux victimes d’avoir 
le courage de dénoncer. « L’inceste sévit aussi en silence dans la société 
malgache. Il faut prendre 
des mesures », alarme-t-elle.

Aimatina Felazah Rakotoarivelo avec E-Zara, une jeunesse ayant un grand sens du partage

L’association E-Zara, dont Aimatina Felazah Rakotoarivelo est la présidente, a mené une conférence le samedi 29 février au studio Mille et une étoiles à Manakambahiny. Dix-huit volontaires âgés de quinze à trente ans composent l’association. Sensibiliser les autres jeunes à s’adhérer à E-Zara était l’objectif. « Face aux actions que nous voulons réaliser, nous avons besoin d’augmenter notre effectif. Impliquer les jeunes au développement de notre pays est notre mission. Et cela s’adresse à ceux qui se sentent prêts à se donner la main. Nous nous basons surtout sur des actions sociales. Nous allons œuvrer pour un centre qui s’occupe des handicapés à Antsirabe », précise Aimatina Felazah Rakotoarivelo. L’association E-Zara véhicule un grand sens du partage. « Ce n’est pas forcément du matériel dont les gens auront besoin.  Des fois, consacrer un peu de son temps à des personnes qui éprouvent l’envie d’avoir de la compagnie suffirait. Nous essayons d’apporter l’aide que nous pouvons à ceux qui en ont besoin », explique Aimatina Felazah Rakotoarivelo. Fondée en août 2018 et légalisée en février 2020, l’association E-Zara a déjà œuvré pour cinq nobles causes respectivement à Ambatomirahavavy, à Antsirabe, à Ambatolampy, à Manerinerina, et à la service de pédiatrie d’un centre hospitalier de la capitale.

Laïla Bavy, la peinture et les épices

Originaire de Sambava, c’est par la force de la nature que Laïla Bavy se trouve dans le domaine des épices. La vanille constitue ses produits de base. La jeune femme cible les touristes. Et pour étendre son activité, Laïla est revenue à son premier amour, la peinture. « J’adorais dessiner depuis toute petite. Je m’adonnais à cette passion en cachette car mes parents prenaient cela pour une futilité. Ils préféraient me voir réviser mes leçons de calcul, que de faire des dessins. Plus tard, je voulais approfondir cet art. Je me documentais et apprenais toute seule. Du dessin, je me suis mise à la peinture. L’internet fournissait des tutoriels pour se perfectionner. Lari, une jeune peintre malgache m’a donné l’envie d’aller plus loin. Après avoir réalisé quelques toiles, j’ai décidé d’exposer mes œuvres dans ma boutique. Les épices et la peinture constituent mon univers », raconte-t-elle.Pour réaliser ses fresques, Laïla Bavy s’inspire de la nature, de son rêve, de ses émotions. Elle exposera sous le thème « Beauty everywhere » du 7 au 31 mars au centre culturel du Tour Sahavola ou IKM à Antsahavola. 
Le vernissage se tiendra le samedi 7 mars à 15 heures.

Clipse Teean, au Royal Mirage de Dubaï

« L’art est une arme d’éducation», constate Mbolatiana L. Raoilison alias Clipse Teean qui va représenter la Grande Ile dans l’événement One & Only Royal Mirage de Dubaï, du 5 au 8 mars. Faisant partie des rares femmes malgaches, sinon la seule, dans le milieu du street art, Clipse Teean est une writterz (graffiti artiste), une artiste plasticienne et designer. Elle décrit le graffiti comme un engagement plus qu’une passion. Elle commence le graffiti dans les années 2000 et a commencé à se faire un nom dans le paysage. Elle devient membre de plusieurs collectifs comme Jamerla Koonaction, Kolotsaina Mainty ou encore de plateformes internationales telles que Rusted Mic Renegade en Espagne et International Business Music of Chambers, une association internationale sur le hip hop. Souvent considéré comme du vandalisme, le graffiti, selon l’artiste, est un art visuel visant à informer, à partager, à embellir le monde qui nous entoure. Ses artworks sont le fruit de ses mains, de ses entrailles, de son cerveau, de ses sentiments, de ses pensées. Sa signature : la mystification des personnages et la diversification des lettrages. Clipse Teean maîtrise l’art du spray et se dévoile à travers plusieurs techniques notamment le pochoir, le collage, l’aérographe, la soudure, la menuiserie, la customisation ainsi que sur divers supports tels que les chaussures, le mobilier, les tapis, les pochettes, les couettes et bien sûr les murs. Cette année, elle a développé un autre style dans le monde du graffiti international, l’echograffiti.

Holisoa Ravelonahina, au fourneau tous les jours

Avec vingt mille ariary, Holisoa Ravelonahina a monté son business en 2002. Elle reçoit des commandes via sa page Facebook pour livrer à des entreprises ou des particuliers des repas et des goûters aux quatre coins de la capitale. Elle emploie actuellement deux personnes à temps plein. Mille cannelés et quinze repas rythment son quotidien. De bouche à oreille, la qualité de ses produits se transmet jusqu’à Mahajanga et Moramanga où des nouveaux clients veulent goûter à ses fameux cannelés vendus à deux cents ariary la pièce.

Difficile

« Il m’a fallu passer par toutes les étapes pour arriver jusque là. C’est un métier difficile qui demande constamment d’attention. Je fais des repas diététiques selon l’exigence des clients. Tout est pesé et dosé avec précision. Les commandes de la veille doivent être livrées à temps et dans les bonnes conditions le lendemain. Les embouteillages de la capitale augmentent mon stress de tous les jours. Ce métier m’aide à tisser de bonnes relations et à être indépendante. Je conseille aux autres femmes de faire ce qu’elles peuvent faire là où elles se trouvent ; mais surtout rentrer dans le cadre formel, cela donne de la considération à notre activité », raconte Holisoa Ravelonahina.
Holisoa Ravelonahina a fait faillite en 2015, suite à un problème de recouvrement. « J’ai toujours gardé dans ma tête mon rêve d’ouvrir un restaurant, plus tard. Cela m’a permis d’avancer malgré tout », confie-t-elle.

 

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