Actualites Découverte

Vontovorona – Côté champêtre

Cíest une petite localité située à trente cinq minutes du centre ville sans trafic.  Pour ceux qui réussissent à braver les deux heures de bouchon sur la RN1 au niveau du rond point d’Anosizato et de la commune d’Ampitatafika, Vontovorona vaut le détour.

N

ichée dans la commune d’Alakamisy Fenoarivo, au sud-ouest de la capitale, dans l’Atsimondrano, la petite localité rurale de Vontovorona (littéralement : gorgée d’oiseaux) ne se réduit plus au seul Centre universitaire régional (CUR). Elle est de plus en plus appréciée pour ses paysages champêtres, sa tranquillité et son air encore pur. Nous vous y emmenons faire une petite randonnée. On peut l’apercevoir au loin déjà, au détour d’un virage, sur la RN1 bis, avec sa colline surplombée d’un pylône, d’où se déversent de part et d’autres de ses flancs, d’est en ouest, du nord au sud, de petites et grandes maisons. Mais tout ceci est très récent. Les habitants du coin vous le diront : « ici, il n’y avait que des pinèdes au début. » En 1975, le régime Ratsiraka décide d’y implanter le pendant tananarivien de l’école polytechnique d’Antsiranana : le Centre universitaire régionale (CUR) de Vontovorona.

DISCIPLES

Il deviendra plus tard l’Ecole supérieure polytechnique d’Antananarivo (ESPA). Les premiers habitants se sont principalement installés dans les vallées qui bordent la rivière de l’Andromba et se sont répartis dans les actuels fokontany d’Ambohimasina et d’Antanety II. Ils vivent essentiellement de la culture du riz mais aussi de produits maraîchers. Avec l’implantation du CUR de Vontovorona se sont ajoutés de petits commerçants. Ces derniers se sont regroupés autour du campus, offrant aux étudiants, entre autres produits de nécessité, les boissons fortes « qui constituent le seul passe temps bon marché que l’on peut s’offrir ici », assure l’un d’eux. Dispersé dans le quartier pentu d’Antombonana, précédant l’entrée du campus, le petit commerce qui y fourmille pourrait faire croire au développement inexorable de l’urbanisation. Heureusement, la valse et les crissements des pneus en bois et en métal des charrettes à bœufs, traversant nonchalamment la route principale, sont là dès quatre heures du matin pour rappeler les réalités du terrain : Vontovorona est avant tout une localité rurale. La terre : rouge, omniprésente, boueuse en saison des pluies, poudreuse en saison sèche, véritable ADN de la région, est aussi là pour l’attester. Il faut s’aventurer un peu plus en avant, dans le pays profond, pour se rendre compte véritablement du charme indéniable de cette contrée.

Le point d’orgue est le « lac Lohazozoro ». Le jour, il alimente les habitants en eau potable et les approvisionne en poissons. En fin de semaine, les touristes adorent se promener sur ses rives, à l’ombre des conifères, ou au gré des ondes, sur des pirogues artisanales. Le fait religieux s’est aussi emparé des lieux. Deux à trois fois l’année, de nouveaux disciples accompagnés de leurs familles, drainant de ce fait une foule compacte de centaine de personnes, viennent s’y faire baptiser.Cette forte potentialité n’a pas échappé à l’œil averti des experts en villégiature.

Petit à petit se sont formés aux environs du lac et à flanc des rizières, des espaces de loisir qui peinent à contenir le flot de Tananariviens débarquant en fin de semaine et lors des jours fériés. Avec le flamboyant complexe sportif de la Cnaps comme emblème, les activités sportives y ont également la part belle. Le seul fokontany d’Antanety II compte pas moins de six terrains sportifs privés dont trois de football. Les amoureux de la nature, eux, profiteront au maximum des sentiers escarpés, propices aux randonnées, ponctués de paysages pittoresques faits de collines et de rizières.

Havre de paix

Vontovorona est devenue un site d’investissement privilégié pour les activités de loisir. Le nom de la localité est systématiquement associé aux espaces de loisir : Espace Ranofy, Espace Falafa, Les Hérons, Espace Tsararivotra, Miala Voly, Oasis, Green Resort, Mandan’ny Diavolana, Vohitriniaina, ainsi que le complexe sportif et de loisir de la Cnaps, sont autant d’infrastructures d’accueil offrant aux visiteurs la possibilité de se ressourcer et de s’éloigner des bruits de la ville.

Ouvriers ruraux

Les ouvriers ruraux : piroguiers, casseurs de pierre et marchands de sable se sont regroupés au sein d’une association dénommée Ezaka. Ils produisent également des briques destinés à la consommation locale. Vontovorona est réputée pour l’abondance de ses matériaux de construction. C’est état de fait a contribué au boom démographique de la région. Nombreux sont les Tananariviens et ceux d’ailleurs qui viennent acheter des terrains de mille mètres carré au minimum, afin d’y construire leur résidence secondaire ou simplement y résider.

Le lac sous pression

Du fait de la pression démographique, le lac Lohazozoro, principal attrait touristique de la région et fournisseur d’eau potable des environs, est aujourd’hui menacé. Le lac rencontre notamment de sérieux problèmes de pollution, (déversement des eaux usées, activités des lavandières, non respect de la délimitation des zones constructibles, …), causés aussi bien par les habitants que les touristes. Les activités aux alentours sont également menacées.