Actualites Politique

Christian Ntsay – Sur un siège éjectable

La proclamation des résultats définitifs des élections législatives a apporté une nouvelle interprétation aux enjeux politiques d Madagascar. Le cas  de Christian Ntsay interroge.

Une nouvelle majorité parlementaire émerge  à Tsimbazaza. Quatre vingt quatre sièges sont remportés par les députés se regroupant au sein de la coalition « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina », (IRD), la plateforme présidentielle. Ils sont suivis par les indépendants qui sont désormais au nombre de quarante six. Les députés du parti Tiako i Madagasikara (TIM) ont décroché seize sièges et les autres partis ont obtenu cinq sièges. La présence des alliés sous la couleur Orange à la Chambre basse s’apparente à l’image des jeux politiques que les députés vont jouer pendant les cinq prochaines années.  Sans attendre. Des manœuvres politiques  en coulisses  commencent par la réclamation du changement de gouvernement. Quelques heures après la proclamation de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), mardi, les députés dans les rangs de l’IRD ont fait entendre leur voix sur la nomination d’un nouveau Premier ministre. Le député élu à Toliara I, Siteny Andrianasoloniako, entre autres a évoqué le sujet. L’application de l’article 54 de la Constitution  alimente de nouveau les débats. Les députés pro-
régime veulent à tout prix la tête du Premier ministre Ntsay Christian.

Pressions

L’initiative des parlementaires de se référer à la Loi fondamentale quelques mois après l’accession du président Andry Rajoeliena au pouvoir  semble un revirement à la volonté de Chef de l’état. Christian Ntsay a été le « bon élément » proposé par Andry Rajoelina juste après le renversement du gouvernement d’Olivier Mahafaly Solonandrasana en juin 2018. C’était pendant la mise en œuvre de la décision de la HCC sur l’installation du gouvernement de consensus. Ntsay Christian a conduit son équipe pendant la période trouble  vécue par le pays après la démission du président Hery Rajaonarimampianina. Sa détermination de conduire le pays dans les démarches démocratiques à travers la réalisation des élections présidentielles constitue son atout dans la gestion de l’administration publique. Il s’est aussi distingué par son attachement à la neutralité de l’Administration. Pour priver le parti au pouvoir, du recours aux prérogatives de puissance publique afin de gagner les élections.  Cependant, l’arrivée des députés « extrémistes » à l’Assemblée nationale peut gâcher ce palmarès en tout point remarquable. Sans compter l’appréciation des bailleurs de fonds à son égard. La continuité des actions gouvernementales prime sur les considérations politiciennes pour les partenaires techniques et financiers. À part Christian Ntsay, des membres de son gouvernement se trouvent aussi dans le collimateur des inquisiteurs. Naivo Raholdina, élu au cinquième arrondissement, connu pour être un  rhéteur de talent  et fanfaron de nature, s’attaque déjà au ministre Hajo Andrianainarivelo de l’Aménagement du territoire, des habitats et des travaux publics.  Andry Rajoelina a renforcé sa confiance en faveur de l’actuel Premier ministre après son accession au pouvoir. Sa reconduction au poste du chef de gouvernement reflète les bonnes relations établies entre ces deux personnalités. Par ailleurs, sa nomination au lendemain des élections présidentielles n’a pas suscité l’application de l’article 54 de la Constitution. L’intervention de l’Assemblée nationale n’a pas été sollicitée,  du fait que le mandat des parlementaires a été sur le point d’ expirer. Mais la gestion des affaires de l’état n’a rencontré aucun problème. Rappelons que cette disposition constitutionnelle n’a jamais été prise en considération même du temps de Hery Rajaonarimampianina.

 

Flous

Au cours des remaniements du gouvernement, le numéro Un du pouvoir Hery Vaovaon’i Madagasikara », (HVM) a mis au côté l’article 54 pendant son quinquennat. Le changement du gouvernement de Christian Ntsay est-il incontournable ? Les points de vue divergent par rapport à cette éventualité. Certains observateurs affirment que le locataire de Mahazoarivo devrait ainsi, remettre la démission de son équipe au chef de l’état. La plupart des députés de l’IRD partagent la même vision. Même la position de certains publicistes s’appuie sur le fait que le président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou groupe de parti majoritaire à l’Assemblée nationale. Toutefois, à la lecture des dispositions légales pourtant, rien n’impose au gouvernement de démissionner si une nouvelle majorité se constitue à Tsimbazaza. Même si sa date de péremption a expiré.