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CAN Huitièmes de finale – Barea, la victoire au bout des sabots

(Top L-R) Madagascar's defender Pascal Razakanantenaina, Madagascar's defender Romain Metanire, Madagascar's defender Thomas Fontaine, Madagascar's defender Jerome Mombris, Madagascar's midfielder Marco Ilaimaharitra, (Bottom L-R) Madagascar's goalkeeper Melvin Adrien, Madagascar's midfielder Lalaina Nomenjanahary, Madagascar's forward Faneva Andriatsima, Madagascar's midfielder Anicet Andrianantenaina, Madagascar's midfielder Ibrahim Amada and Madagascar's forward Charles Andriamahitsinoro pose before the 2019 Africa Cup of Nations (CAN) Group B football match between Madagascar and Nigeria at the Alexandria Stadium on June 30, 2019. (Photo by Giuseppe CACACE / AFP)

Les Barea ont déjà réussi l’impensable. Ils ont terminé premiers de leur groupe en phase éliminatoire de la Coupe d’Afrique des nations. Ils s’apprêtent à défier les Léopards de la République démocratique du Congo pour les huitièmes de finale. Un match à l’issue indécise.

Les succès des Barea de Madagascar en Egypte ont réveillé le patriotisme endormi chez les Malgaches. Dès le coup de sifflet final après leurs victoires sur le Burundi, 1 à 0, puis et surtout sur le Nigéria un ogre du continent, 2 à 0, des Malgaches, sans distinction, sont descendus dans les rues des principales villes du pays. Concert de klaxons, des sifflets stridents, des drapeaux portés bien haut, l’hymne national entonné à vive voix, du jamais vu dans les annales de la République. Même les festivités du 26 juin qu’Andry Rajoelina voulait être grandioses, n’ont pas fait une telle unanimité. Pire, tout s’est terminé par la mort de 16 personnes dans une nouvelle bousculade à l’entrée du stade de Mahamasina.

La qualification des Barea au tour suivant, avec la manière, aura été le baume inespéré au cœur meurtri des
Malgaches. Maintenant il leur faudrapasser l’écueil dressé et le traquenard tendu par des Léopards qui ont perdu
leurs deux premiers matches. 2 à 0 face à l’Ouganda et la même punition devant l’Egypte de Mo-Salah.

Bêtes blessées

Les Congolais ont été repêchés, in-extremis, comme parmi les quatre meilleurs troisièmes. Et du coup, ces prédateurs édentés se trouvent sur le chemin de gloire des Barea à cause de la défaite de l’Afrique du sud par la plus petite des marges au profit des Marocains. Aussi, ces Léopards ont pour eux le moral gonflé à bloc des miraculés. Ils sont revenus d’entre les morts. Se qualifier pour n’avoir que trois points en trois matches, avec un goal différence de zéro, relève quand même d’une chance inouïe.

D’autant que Nicolas Dupuis, l’entraineur des Barea, sera privé de deux de ses pièces maîtresses. Pascal Razaka qui forme la charnière centrale avec Thomas Fontaine, touché aux adducteurs sera indisponible pour au moins cinq semaines. Mamy Gervais qui l’a suppléé face aux Super Eagles nigérians a donné entière satisfaction et il arrive avec de la fraîcheur physique.

Jérémy Morel Peut aussi être une alternative de choix. L’autre absent de taille et de poids sera Marco Ilaimaharitra. L’auteur de l’unique but face aux Burundais sur un superbe coup franc.

Mais dans ce secteur, du milieu offensif, Nicolas Dupuis a d’autres options. Des pions assez intéressants. Beaucoup attendent la titularisation de Dax, un véritable numéro 10 pouvant alimenter en « munitions » les attaquants Faneva Ima et Lalaina Nomenjanahary. Par contre, Les Barea seront soutenus par la venue d’au moins
470 supporteurs supplémentaires, à bord d’un avion affrété par les autorités. Ils auront aussi le soutien d’Andry Rajoelina en personne. Une présence peut-être bénéfique, mais qui risque aussi de devenir une pression supplémentaire pour les Barea. La peur de décevoir le président de la République sera un facteur inhibant les bonnes résolutions. Une sorte de chape de plomb inutile.

Dans tous les cas, les Barea méritent tous les éloges, toutes les louanges pour tout ce qu’ils ont fait. La presse internationale leur a réservé des pages entières. Pour une fois, Madagascar et les Malgaches ont été perçus sous un angle moins obtus et plus réjouissant. Quoi qu’il arrive, les Barea ont sur leurs épaules les galons des héros nationaux. Ils en ont l’étoffe. Personne, ni les Léopards ne pourront les leur enlever.

Eric Ranjalahy
Photos: Claude Rakotobe
et AFP