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Les réformes visuelles sur les rails – Ankorondrano new look

Inaugurés par Andry Rajoelina, président de la République, les quartiers de Tsaramasay, Ankorondrano Andrefana et Ankorondrano Andranomahery font peau neuve. Le projet de relooking quartier est un défi lancé par la Présidence dans le cadre de la fête nationale du 26 juin. Ce défi est de montrer qu’il est possible de changer un bas quartier en un endroit viable.

Food court en conteneur. Les maisons en conteneurs sont deve- nues une tendance dans le monde. Les modèles de maisons conteneurs se prolifèrent sur internet actuelle- ment. Elles ne sont pas seulement confortables et dures mais aussi amovibles. Après La Reunion Kely, l’entrée au quartier d’Ankorondrano est décorée par un food court en maison conteneur. L’emplacement des maisons conteneurs ravivent les occupants. En plus des conteneurs, les gargotiers ont fait l’effort de construire des chaises et des tables assorties au couleur de leur box afin d’uniformiser les couleurs.

Propreté

« L’endroit est magnifique. L’accès à l’eau est juste un peu difficile car il faut passer de l’autre côté de la rue », affirme Manitra un des gargotiers occupant un box des maisons conteneurs mis en place à Ankorondrano. Un certain confort est ressenti par les clients. « Il n’y a plus beaucoup de poussière. Nous nous sentons comme au bord de la plage avec le vent qui souffle doucement », explique un client. Afin de pouvoir cadrer et offrir une meilleure vue d’Ankorondrano, les gargotes et les épiceries en bois qui se sont entassées sur le pont d’Ankorondrano ont été déplacées dans ces maisons conteneurs. Un bail de huit mois est à respecter. Ce déplacement ne vise pas seulement de changer de look mais surtout d’offrir de meilleurs services tout en respectant la propreté. D’après Rinah Rakotomanga, directeur de la communication au niveau de la Présidence, il s’agit d’un défi. « J’ai conscientisé les occupants de ces lieux qu’il est possible d’être propre malgré la pauvreté », sou- ligne-t-elle.

Mur graffé symbole d’espoir

Du côté de la voie ferrée d’Ankorondrano, le mur graffé impressionne. Une jolie inscription colorée orne la muraille et cette nouvelle image du quartier entre dans le cadre du relooking du fokontany. Naty Kaly et Rina Art, deux artistes ont conjugué leur talent et savoir-faire afin de redonner un beau sourire à l’endroit. « Nous avons répondu à une offre dans Facebook. Notre contact nous a, par la suite, demandé de peindre le mur d’en face parce qu’il se charge de la peinture des maisons au bord du canal », confie Naty Kaly. Le graffiti, connu sous le label de street art, définit un moyen de véhiculer des messages. Pour ces peintres, leur œuvre à Ankorondrano note l’espoir. « Les mains levées désignent l’espoir tandis que le sourire nous fait découvrir la valeur de la socialisation. Les troupeaux de zébus marquent la richesse et symbolisent notre pays et la femme qui travaille valorise les activités auxquelles les descendantes d’Eve s’attèlent, rendons-leur un grand hommage », poursuit-il. Il a fallu neuf nuits et dix jours aux deux hommes pour réaliser cet art. Ils ont évité la grande chaleur et la foule indiscrète pouvant les déranger. « Cela nous ravit lorsque le lendemain, les habitants découvrent ce graffiti », ajoute-t-il. L’art signé « taninjanaka » se veut être interpellateur. À travers cette peinture, les artistes transmettent à la population locale que l’avenir appartient aux générations futures, aux enfants ? « Donc, il faut aller de l’avant et ne jamais reculer », insiste Naty Kaly. Le mouvement du même nom entend promouvoir les droits, le civisme, l’éducation par le biais de la musique, les vidéos et les autres activités culturelles. « Taninjanaka » priorise l’assainissement en peignant les murs. Cette action lutte déjà contre l’insalubrité. En perspective, Naty Kaly va égayer le jardin du ministère des Affaires étrangères avec son art. D’après lui, plu- sieurs personnes fréquentent cet endroit qui fait office de centre de traitement. « Là, ils enlèvent leurs sandales, marchent pieds nus et d’autres se couchent sur le dos pour un massage. Ils méritent un lieu loin de la pollution », conclut-il.

Plaisir des yeux

Spectacle de couleur. Les passants du long du Canal d’Andriantany sont émerveillés par les maisons colo- rées. Onze couleurs ont été utilisées pour le plaisir des yeux. Une couleur de fond blanc a été appliquée en premier. Puis chaque propriétaire des maisons a adopté des couleurs de son choix. Le coloriage a duré moins d’une semaine. Les bas quartiers sombres s’illuminent. Il n’y a pas de décorateur professionnel mais les couleurs des maisons seulement ont donné un aspect vivant aux quartiers. « Les bas quartiers ne sont pas toujours forcément insalubres. Il est possible de montrer un nouveau visage. L’important est que les bénéficiaires puissent aussi faire des efforts pour préserver des infrastructures modèles comme ceci. C’est un exemple mais le changement vient de chacun de nous, à commencer par ne plus jeter les déchets dans le canal », affirme Delphin, un habitant d’Ankorondrano Andranomahery. L’assainissement du Canal d’Andriantany est l’un des points clés qui ont ravivé cet endroit. De petits fossés munis de filtre ont été mis en place au bord du Canal d’Andriantany. Ces fossés sont destinés à évacuer des eaux usées des vaisselles. Les ordures ne sont pas jetées avec les eaux usées afin de garder la propreté du canal. Des bacs à ordures ont été ajoutés.