Dossier

Antananarivo embouteillage d’ordures

S’il y a un pays sur cette planète qui illustre le lien entre pauvreté et pollution c’est bien Madagascar. À Antananarivo, près de 80 % de la population vit sous le seuil de l’insuffisance. Le revenu moyen mensuel par habitant est de 20 euros. Les dépenses alimentaires accaparent 75 % du revenu de la majorité de la population.
Comme si cette pauvreté n’était pas de trop, la capitale est toujours dominée par la pollution. L’arrivée de la période pluviale n’arrange pas moins ce problème. Déchets partout, mauvaises odeurs, c’est dire que si la peste et la rougeole reviennent en force, c’est à cause de ces avilissements. Or, si les ordures ne sont pas régulièrement ramassées, à qui doit-on jeter la faute ? La SAMVA (Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo) est-elle défaillante dans sa mission ? Où sont passés les camions videurs ?
« Les habitants déposent leurs déchets dans les grands bacs de la commune et ceux-ci sont ensuite vidés par les camions du SAMVA et acheminés jusqu’à la décharge municipale.
Cependant, de nombreux quartiers sont établis sur d’anciennes rizières. Ils sont assez étendus et sillonnés par des ruelles étroites qui ne sont accessibles qu’à pied. Nous ne pouvons y déposer les grands bacs à ordures, ceux-ci sont uniquement situés sur les axes principaux de la ville.
Loin de ces bacs, les habitants jettent leurs déchets dans les rues ou les canaux, ils les brûlent ou les enterrent, ou encore s’en servent pour remblayer des terrains inondables. Ces pratiques entraînent une grande insalubrité, vecteur de maladies comme la peste, le choléra et les maladies diarrhéiques »
Outre que la SAMVA, dans certains quartiers de la capitale, les fokonolona s’engagent, eux-même, à faire le ménage. Ils font des collèctes d’argent afin de payer des rammasseurs. Ces dernier ramassent les ordures 2 fois par jours, dans la matiné vers 8 h et en fin de journée à 17 h.
Malgré l’effort des gens pour lutter contre cette pollution, cela reste vaine. Les déchets quotidiens sont de trop. Sans parler des mauvaises habitudes des citoyens à jeter les ordures n’importe où.
Notre île est considérée comme étant le pays le plus pauvre, le plus corrompu et le plus pollué du monde. Même si 100 % des bacs sont utilisés, ils sont insuffisants. De plus, il y a encore des ménages qui jettent leurs déchets dans les canaux et les ruelles. Une mauvaise habitude qu’il faut absolument abandonner.

Nicoh RICHMAN