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États-unis – L’héritage racial au coeur de la campagne de Trump comme des démocrates

A peine plus d’une décennie plus tard, la campagne pour le scrutin de 2020 est tout juste lancée que la question, hautement sensible, du rapport entre les communautés occupe les débats et les esprits. Du côté du président sortant, Donald Trump mais aussi chez ses adversaires démocrates. Pour Andrea Gillespie, professeure associée de science politique à l’université Emory, ces premiers actes de campagne montrent qu’élire un président noir n’était «pas la panacée pour résoudre les problèmes de l’Amérique sur la question raciale». «Ce sont des questions systémiques et de long terme qui sont vieilles comme le pays», a-t-elle confié à l’AFP. Le républicain Donald Trump, lancé dans la conquête d’un second mandat, multiplie les attaques et les polémiques avec des personnalités noires et des élus issus des minorités. Après avoir sonné la charge contre quatre élues de la Chambre des représentants, qu’il avait sommées de «retourner» dans les pays «d’où elles viennent», il s’est attaqué, coup sur coup ces derniers jours dans un langage extrêmement violent à un député noir de la ville de Baltimore, Elijah Cummings, et à un défenseur reconnu des droits civiques, Al Sharpton. Pour beaucoup de démocrates, dont leur chef de file à la Chambre Nancy Pelosi, le président, se livre à des remarques «racistes».

Pour beaucoup d’observateurs, il cherche, avec un discours de division, à galvaniser sa base électorale, très majoritairement blanche, une stratégie qui lui avait réussi en 2016. Donald Trump, qui se défend d’avoir en lui «une once de racisme», est entré en politique en pro- mouvant des théories niant que Barack Obama était né aux États-unis et remettant ainsi en question sa légitimité constitutionnelle à présider le pays. Les controverses n’ont guère cessé depuis son arrivée à la Maison Blanche. Durant la première partie de son mandat, elles avaient culminé à l’été 2017 avec l’épisode de Charlottesville.

Inégalités

Après des incidents entre des néo-nazis et des contre-manifestants dans cette petite ville de Virginie, le président avait estimé qu’il y avait «des gens très bien» des deux côtés. M. Trump est un «symptôme d’un mal plus large qui est celui de l’inégalité raciale dans lequel nous ne cessons de nous débattre», estime Vincent Southerland, directeur exécutif du Centre sur les races, les inégalités et le droit, à la New York University. « Le mouvement des droits civiques a créé des normes qui, en principe doivent, prévenir toute utilisation de paroles manifestement racistes», relève Celeste Montoya, professeure associée à l’université du Colorado.

«Donald Trump a, d’une certaine manière, transgressé ces normes», ajoute- t-elle. Mais la question raciale est aussi omniprésente dans la campagne des démocrates, où les héritiers poli- tiques de Barack Obama se disputent le vote de la communauté noire. La sénatrice Kamala Harris, l’une des deux candidats noirs de la primaire démocrate, a créé la sensation lors des premiers débats de la primaire en attaquant frontalement le favori des sondages Joe Biden sur ses décisions passées en matière d’égalité raciale.