Grand Angle

Mode – « Nuit fauve »by Raleva

Divers objets typiquement malgaches accentuent l’allure des créatures aux allures étranges dont la force de séduction est issue des bêtes féroces de la nature, tout en mettant en valeur les matières premières locales. Le styliste Raleva allie créativité, originalité et performance lors de son show baptisé « Nuit fauve »le 23 juin au Taxi Be Tana

Le « sahafa », le « tsihy » et le « sobika » s’associent avec les imprimés léopards, serpents et zèbres pour créer des silhouettes qui apparaissent le visage complètement enveloppé dans un tissu, pour la plupart d’entre elles. Elles arpentent, une à une, la trajectoire du défilé, sans encombre ; comme si elles connaissaient par cœur leur parcours. Appuyé par une musique qui entretient le mystère, la première partie du défilé intitulé « Nuit Fauve », que Raleva en tant que styliste a présenté le soir du samedi 23 juin au Taxi Be Tana, a tenu le public en halène. « J’ai voulu créer quelque chose de spectaculaire tout en évoquant un côté malgache. J’ai marié des matières banales avec des tissus qui font toujours de l’effet. Les imprimés animaliers apportent la force. Trouver une forme d’expression à travers les objets qui composent le quotidien des malgaches m’a inspiré cette fois-ci. Pendant cette partie performance, je me suis éclaté à créer des créatures étranges, séduisantes avec une force intérieure », explique Raleva. Les cinq modèles surgissent pour incarner chacun un personnage mystique dans un univers à part où la nuit est dominée par les fauves.
La seconde partie dévoile une partie de ses nouvelles collections hiver 2019, tout en restant dans cet univers sauvage mais avec une touche de glamour. Sept modèles dont trois pour homme conjuguent une force de caractère bien dosée et qui peuvent être portés dans des soirées pour se singulariser, histoire de rappeler l’instinct de prédateur qui sommeille en soi.

ILS ONT DIT

« Je suis totalement surpris de voir ses créations vu le peu de temps durant lequel il les a préparées. Il est venu avec tous ses bazars comme s’il allait se rendre à autre chose, pas pour préparer un défilé. J’étais curieux de savoir qu’est ce qu’il va fabriquer avec ces matières. Et lorsque le premier modèle a fait son apparition sur scène, j’étais scotché. J’aurais voulu que la partie performance dure toute la soirée. Les nouvelles collections sont bien, mais ces étranges créatures ont vraiment fait sensation », avoue Alain Chatard, directeur de Taxi Be Tana.

« J’adore le côté créatif de la première partie. On sent qu’il y avait de la recherche dans ce qu’il a fait. C’est original », remarque Patrice, un jeune homme qui suit une formation de couture dans la capitale.

« C’est beau ce qu’il a fait, mais ça m’a fait un petit peu peur. Je ne m’attendais pas à voir un défilé de ce genre. Ça sort de l’ordinaire. Dommage que ça a été relativement court », commente une jeune femme dans l’assistance.

Par Andry Patrick Rakotondrazaka
Photos : fournies 

Editorial