Sport

Ony Razafiarison – Sa vie comme un combat

Une vraie pro. Ony Hery Lalaina Razafiarison gagne sa vie en combat libre « Mixed Martial arts ». Elle passe tout son temps à préparer et disputer des combats partout dans le monde.

Presque dix ans de carrière pro en Mixed Martial Arts. Ony Hery Lalaina Razafiarison, née le 23 décembre 1984, aura 35 ans cette année. Elle mesure 1,65m pour combattre dans les catégories entre 57kg et 66kg. Elle avait pratiqué le jiujitsu brésilien et avait disputé deux ou trois tournois avant de partir en France en 2010. Elle a quitté le pays en compagnie d’un grand technicien du MMA, Daniel Quoniam. Ce dernier avait animé des stages sur le sol malgache. «Arrivée en France, j’ai eu un problème de papier mais grâce aux exploits avec ce sport de combat que j’ai pratiqué, j’ai pu le régler en deux ans », raconte Ony.
Pour préparer un grand combat, «je suis un entrainement intensif de deux à trois mois, et je me consacre entièrement à la préparation… Je m’entraine 3 à 4 heures par jour et sept jours sur sept…
Je passe aussi beaucoup de temps à la récupération », explique-t-elle. « D’habitude, je dois m’acclimater un mois à l’avance au pays ou va se tenir l’évènement. Ceci au cas où il y fait trop chaud ou trop froid et pour s’habituer aussi au décalage horaire », a-t-elle ajouté. Mais elle n’a besoin que d’une semaine de préparation sur place quand le pays hôte a le même climat que l’Hexagone. En tant que combattante, elle évolue dans deux clubs en France, « depuis mon arrivée et jusqu’à présent, je suis au Team Quoniam, mon coach depuis le tout début. Et depuis le mois d’août 2018, je suis aussi sous contrat avec Venum Training Camp », confie-t-elle.

Elle est entourée d’une équipe solide, d’un staff d’au moins cinq techniciens spécialistes en kick-boxing, de boxe anglaise et du MMA outre les préparateurs physiques.

Sixième mondiale

Ony Razafiarison gagne sa vie en disputant des combats MMA

Ony combat deux ou trois fois par an ces deux dernières années. « Au moins six combats ont été annulés car nombreux managers et combattantes m’évitent pour quelques raisons… Je n’ai pas de palmarès blindé mais mon niveau est déjà élevé et j’ai aussi de bonnes expériences » indique-t-elle. Un combat normal se dispute en 3 fois 5 minutes, et un combat pour une ceinture dure 5 fois 5 minutes. De 2014 en 2017, elle a passé des années sous contrat avec l’organisateur de l’évènement Bellator aux Etats Unis. « Les primes et le salaire dépendent des
organisateurs et des sponsors ou aussi du combat ou tu veux marquer ton retour… Les négociations varient beaucoup, ce que je peux dire c’est que la prime s’élève à partir de 3000 euros. Et elle est plus valeureuse quand on est classée dans le Main Event », souligne-t-elle. En fait, les organisateurs la sollicitent surtout en Main Event à cause de son style de combat, « je termine toujours jusqu’au bout mon combat.
Je préfère démontrer mes techniques pour le spectacle au lieu de mettre KO mon adversaire ».
Elle est en ce moment en quête d’une ceinture et devrait disputer plusieurs combats dans la catégorie des lourdes -66kg. Ony a déjà eu une ceinture du Superior Fight à la fin 2018. Concernant ses derniers combats, Lors du Bellator du 23 février en Irlande, elle a perdu par points face à la Russe Olga Robin. « Je n’ai pas eu assez de récupération car le précédent combat a eu lieu vingt jours avant », argumente-t-elle sur sa défaite.
Elle projette prochainement de disputer au Japon et en Chine. La Malgache est classée sixième mondiale
dans la catégorie -66kg et quatorzième open, c’est-à-dire en toutes catégories entre 52 kg et 80kg.

Serge Rasanda 

Editorial