Rencontre

Général Désiré Ramakavelo – La stèle vivante de l’histoire politique

Il est actuellement membre titulaire de l’Académie Malagasy. Il a décroché le doctorat nouveau
régime en 1989, équivalent du doctorat d’État en sciences politiques et relations internationales à l’université Paris I Sorbonne

Époux et père de Trois enfants. Ses parents sont tous originaires d’Ambositra dans la commune d’Andina, plus précisément dans la région Amoron’iMania. Il a reçu l’éducation et la formation catholiques , entre autres, à l’école des frères d’Andohalo et à l’Institution Sainte-Famille à Mahamasina . Il a intégré le Lycée Gallieni en terminale pour passer ensuite le concours d’entrée à l’Ecole des officiers de Saint-Cyr Coëtquidan. Après y avoir été admis, il est entré à la grande école de Strasbourg. De retour à Madagascar, il a porté le galon de sous-lieutenant. Suite à un conflit entre Ramakavelo et l’Université d’Antananarivo (Département d’Histoire) il l’a assigné en justice au conseil d’Etat, puis il a obtenu gain de cause, et a pu intégrer le département d’Histoire (niveau IIIe année). Après avoir eu sa maitrise, il a obtenu une bourse de Diplôme d’études approfondies (D.E.A) en sciences politiques à l’université Paris I Sorbonne et le 4 avril 1989 (le jour de sa date de naissance), il a réussi à son doctorat en sciences politiques et relations internationales à la même université. Il a enseigné au département géographie à l’université d’Antananarivo, et occupé différents postes: directeur du cabinet militaire du colonel Ratsimandrava, ministre de la Défense (1991), membre du Conseil supérieur de la transition (CST) en 2009…

Ses motivations
« J’ai toujours éprouvé l’empathie et le sens de l’humanisme, c’est ce qui m’a poussé à devenir militaire », affirme Désiré Ramakavelo. Le monde devrait faire renaître l’humanisme car la société actuelle est devenue une société individualiste, le fameux «  fihavanana malagasy » a disparu depuis longtemps, et « chacun pour soi » est devenu le principe général actuellement.

Ses valeurs 
En tant que général, il a toujours été un homme de principe. « J’ai une idéologie et je la défends jusqu’au bout. Je n’ai jamais revendiqué ou réclamé un certain poste, en effet, c’est toujours une idéologie que j’ai soutenue, mais jamais telle ou telle personne », lance-t-il tout en évitant la politique politicienne qui a mis le pays dans un tel état. L’important est de servir la nation en toute honnêteté, une qualité qui est en voie de disparition. « Il est nécessaire de respecter la Constitution. Non seulement les militaires doivent servir des intérêts vitaux pour le pays qu’ils soient militaires du rang d’officiers, simples soldats, ou volontaires, mais ils devront aussi être des modèles dans le respect de la Constitution », explique le Général. Tant que les forces de l’ordre appliquent à la lettre la Constitution, le pays vivra toujours en paix et ainsi, nul n’est au-dessus de la loi. « La ponctualité et le respect de la notion du temps sont des conditions sine qua non pour le développement personnel ou d’un pays », affirme le General.
« Il faudra essayer de tirer de leçons d’une histoire », explique Désiré Ramakavelo, l’histoire est un enseignement utile surtout aux futurs hommes d’État afin qu’ils s’inspirent des grands exemples du passé. La connaissance du passé est important pour mieux savoir où mettre les pieds. De ce fait, la crainte d’être limogé devrait disparaitre puisqu’en servant la nation, la règle est le patriotisme.
« Il faudra changer la façon de faire la politique à Madagascar, notamment avec en ayant un programme politique, une idéologie politique. Ceux qui se sont préparés à diriger le pays, n’ont jamais été présidents de la République, entre autres, Richard Andriamanjato, Manandafy Rakotonirina, Herizo Razafimahaleo, le Docteur Marojama Razanabahiny », affirme le Général. Cette absence d’idéologie est le vrai problème des partis politiques à Madagascar. « Seules deux personnes ont élaboré un vrai programme politique jusqu’ici. Il s’agit du président Didier Ratsiraka avec le Boky Mena et du président Andry Rajoelina avec l’Initiative pour l’Émergence de Madagascar (IEM) », termine Désiré Ramakavelo.
Texte et photos
Rija Ravelojaona A.